Un vieux Forsyth : Le Négociateur

Je viens de relire The Negociator de Frederick Forsyth paru il y a plus de 20 ans (aussi disponible en français, Le Négociateur, Albin Michel), en attendant la livraison du tout dernier ouvrage de Stephen Carter Jericho’s Fall dont je me propose de vous entretenir bientôt. Pourquoi ce titre plutôt qu’un autre? C’est qu’il y est question de pétrole et de production d’armes pour protéger l’or noir, un thème qui malheureusement demeure actuel.

C’est le premier roman de Forsyth qui a été suivi d’une quinzaine d’autres depuis. Les États-Unis se préparent à signer un accord de désarmement avec la Russie, ce qui fera épargner des milliards en armement aux deux parties qui pourront ensuite consacrer ces dividendes de la paix à assurer leur sécurité énergétique. Mais ces retombées économiques du processus de désarmement feront des dommages collatéraux dans le complexe militaro-industriel dont les grands patrons échafaudent alors une stratégie pour faire déraper les pourparlers de désarmement. Pour y arriver, rien de moins que l’enlèvement du fils du président des États-Unis (en séjour d’études à Londres) pour déstabiliser le locataire de la Maison Blanche, puis l’organisation d’un coup d’État en Arabie Saoudite, suivi de l’installation d’un gouvernement fantoche fortement appuyé par les forces armées étasuniennes pour s’assurer de la gouverne des plus importantes réserves de pétrole au monde. Interviendra alors le négociateur, Quinn, pour agir d’intermédiaire entre les ravisseurs du fils du président, un expert de ce genre de situations. Quinn comprendra rapidement qu’il n’a pas affaire à un cas ordinaire, que tout cloche dans cette histoire, et se met en frais de découvrir les auteurs du complot.

Ce n’est pas un mauvais roman. L’analyse que Forsyth fait de la situation énergétique mondiale demeure fort valable, même après deux décennies. Le modèle est décrit, il suffirait de mettre à jour certaines données et de changer quelques noms de pays pour avoir le portrait actuel. Ancien militaire puis journaliste pour la BBC, l’auteur connaît bien les rouages du pouvoir britannique (l’action se passe en grande partie à Londres), ce qui aide à la crédibilité du récit. Les personnages sont bien campés, mais le début est lent, Forsyth met du temps à mettre la table. Le dénouement est classique, convenu.

Par contre, Forsyth se lance à quelques reprises dans des explications ou des descriptions de contextes tout à fait superflues, on dirait un souci exagéré du détail. Les dialogues sont relativement ternes, voire parfois simplistes, et on n’y trouve pas la substance, disons, d’un Le Carré. Puis, comme les deux trames, c’est-à-dire l’enlèvement et le coup d’État, sont menées parallèlement, on a parfois du mal à suivre le fil.

Note de passage pour ce «vieux» Forsyth, pas plus.

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