Le Condor s’explique

Kevin MitnickDe 1999 à 2002, j’avais suivi avec grand intérêt l’affaire de l’hacktiviste Kevin Mitnick surnommé le Condor. Ne faites confiance à personne, disait-il. En matière de sécurité, le facteur humain est le maillon le plus faible, et la question à se poser n’est pas « si » votre site de commerce électronique sera attaqué, mais bien « quand » il le sera […] Il est naïf d’imaginer que l’installation d’un coupe-feu vous protégera de toutes les menaces. Ce postulat confère un faux sens de sécurité, ce qui est plus dangereux que de ne prendre aucune mesure de sécurité.

Un événement récent nous le rappelle, d’ailleurs.

Il y eut un film sur Mitnick, Takedown (Cybertr@que en français), assez pourri selon Monique Lebourg qui l’avait vu pour nous.

D’ailleurs le Condor n’avait pas participé au scénario qui fut signé par Tsutomu Shimomura, le pourfendeur de Mitnick, et par le journaliste John Markoff qui avait suivi ses exploits. À sa sortie de prison en 2000, il avait d’ailleurs vivement critiqué Markoff comme je le relatais à l’époque : «Mais son attaque la plus virulente a été pour John Markoff du New York Times qu’il accuse d’avoir publié une soixantaine d’allégations non fondées à son endroit, d’avoir gagné des millions de dollars en publiant les ouvrages «Cyberpunk» puis «Takedown» inspirés de ses exploits d’hacktiviste, voire même d’avoir collaboré avec la police pour faciliter son arrestation en 1995.»

Ghost in the WiresVoilà que pour la première fois, le Condor raconte son histoire dans un livre qui vient de paraître, Ghost in the Wires: My Adventures as the World’s Most Wanted Hacker écrit en collaboration avec William L. Simon et préfacé par le co-fondateur de Apple Steve Wozniak. Le site Wired nous propose d’ailleurs un extrait. Mitnick n’était pas le hacker traditionnel. Il n’a jamais utilisé ses talents pour voler ou frauder les entreprises ou organismes dont il craquait les systèmes (Motorola, Novell, Nokia, Sun Microsystems et la University of Southern California – les procureurs n’ayant pu prouver hors de tout doute l’intrusion dans le système de l’armée de l’air américaine), et n’a jamais autrement tiré financièrement profit de ses exploits. Il explique l’avoir fait par plaisir, par curiosité, mais aussi par défi. Et quand Ed Bradley de CBS qui l’interviewait à l’émission 60 Minutes avait cherché à connaître ses motivations profondes, il avait répondu comme ces alpinistes à qui on demande pourquoi ils se sont attaqués aux plus hauts sommets : «Parce que c’était là».

J’ai bien hâte d’avoir le temps de lire ça.

Mise à jour 30 août : Amazon (.com. .ca, etc.) ne livre pas à des adresses de boîtes postales. Donc, le premier contestataire des librairies « briques et mortier » ne livre qu’aux adresses « briques et mortier »? Bezos, tu me déçois.

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