The Hypnotist par Lars Kepler

Lars Kepler (Alexandra et Alexander Ahndoril, voir plus bas) ne croit pas dans les préambules. Dès les premières pages, un homme est assassiné au couteau dans une salle de douches d’un gymnase de Stockholm, et son corps est mutilé, démembré. À quelque distance de là, chez lui, sa femme et sa fille subissent le même sort; Josef, son fils de 15 ans, est lui aussi affreusement mutilé et laissé pour mort. La famille compte un autre membre, Evelyn, 23 ans, qui vit en recluse depuis un certain temps.

L’enquête est confiée à un inspecteur de la brigade nationale, Joona Linna. En fait, arrivé presque par hasard sur les lieux du premier crime, puis informé du second massacre, Linna veut cette enquête, même si normalement elle relèverait de la police locale. Contournant son supérieur immédiat, il s’adresse au grand patron de la police et lui demande de l’affecter à cette sordide affaire. C’est un enquêteur de talent, fin et intelligent, dont le seul défaut est de tenir à ce qu’on reconnaisse ses intuitions.

L’hypnotiseur, c’est Erik Maria Bark, un psychiatre qui a déjà pratiqué l’hypnose, mais qui a juré il y a dix ans de ne plus jamais le faire après qu’une séance eut mal tourné. Accro aux médicaments qu’il se prescrit, il vit avec une femme galeriste qui ne l’aime plus et qui n’a aucune confiance en lui, le soupçonnant de la tromper, et un fils de quinze ans atteint d’une forme d’hémophilie.

Le jeune Josef est dans une unité de soins intensifs. Dans un état comateux, incapable de vraiment parler, il est néanmoins le seul survivant du massacre et son témoignage est essentiel à l’enquête de Joona Linna. Il lui vient donc à l’idée de proposer au docteur d’hypnotiser Josef pour obtenir des détails sur ce qui s’est passé. Bark est réticent, mais l’argument qui fait pencher la balance est qu’Evelyn pourrait être en danger, car on a voulu assassiner toute sa famille. Alors, pourquoi pas elle?

Bark accepte. La femme médecin qui traite Josef donne son accord. Le jeune est mis sous hypnose. Stupéfaction. Le garçon avoue être l’auteur du carnage et s’être infligé lui-même les blessures multiples qui couvrent son corps! Pire, Josef, profitant d’une pause du policier affecté à sa garde, et malgré la gravité de ses blessures, s’échappe de l’hôpital. Au cours de son évasion, il tranche au scalpel la gorge d’une infirmière, et part en cavale meurtrière.

Sauf pour un très long passage, un retour en arrière qui nous explique pourquoi il y a dix ans le docteur Bark avait renoncé à pratiquer l’hypnose, bien que cette explication soit essentielle au récit, l’enchaînement des événements est rapide, les chapitres sont courts. Pas autant que dans The Postcard Killers, mais la plume de l’auteur est alerte.

L’auteur? Il faut parler d’un couple, Alexandra et Alexander Ahndoril, qui ont choisi le nom de plume de Lars Kepler. Ils ont décidé de créer de toutes pièces un personnage, en ont fait en Photoshop un portrait, lui ont dressé une biographie, l’ont affublé d’habitudes. Ils voulaient créer un auteur, et ils ont réussi. Lorsque le livre est paru, il a remporté un succès immédiat. La presse littéraire s’est mise à la recherche de l’auteur. Qui pouvait bien être ce Lars Kepler? D’où sortait-il? Finalement le couple Ahndoril a décidé de renoncer à l’anonymat. Ils ont publié en juillet 2010 un second roman sous le nom de plume de Lars Kepler intitulé en anglais The Paganini Contract, où on retrouve l’inspecteur Joona Linna. Ce livre a été traduit et publié en français en 2011 chez Actes Sud sous le titre Le Pacte. Un troisième livre devrait paraître en suédois au cours de l’année.

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