Daniel Silva et le polar de vengeance

daniel silvaDaniel Silva est un auteur américain qui a travaillé comme journaliste, entre autres pour l’Associated Press et la chaîne d’information en continu CNN. En 1994, il entame l’écriture de son premier roman, The Unlikely Spy, qui sera publié en 1996. Il quitte alors le journalisme pour se consacrer uniquement à l’écriture. Pour ses romans subséquents, plus d’une quinzaine, il crée un personnage récurrent. Conan Doyle a son Sherlock Holmes, Agatha Christie ses Hercule Poirot et Miss Marple, Michael Connelly son Harry Bosch, etc., Silva aura son Gabriel Alon, Israélien, à la fois espion, assassin et spécialiste en restauration d’œuvres d’art.

Gabriel Alon, nom de code Barak (éclair en hébreu) est un personnage très fort. Il est recruté en 1972 par les services de renseignement israéliens (le Bureau, c’est-à-dire le Mossad, qui n’est jamais évoqué nommément dans les romans) pour participer à l’opération « Colère de dieu », c’est-à-dire l’élimination des Palestiniens présumés responsables de l’assassinat d’athlètes israéliens lors des jeux de Munich la même année. Alon est un sabra (Juif né en Israël), le Bureau le tire ponctuellement de son travail de restaurateur et lui confie par la suite de nombreuses missions du genre. Plusieurs autres personnages récurrents peuplent l’univers de Gabriel Alon, dont Ari Shamron, ex-directeur du Bureau qui y exerce encore une forte influence, Chiara Zolli, sa femme, ex-agente supposément à la retraite, puis les membres d’une équipe de frappe dont tous les membres, spécialistes à leur façon, ont été triés sur le volet par Shamron.

Le style de Daniel Silva est très efficace. C’est un visuel, rien n’échappe à sa description des gens et des lieux. Pour un écrivain, s’appuyer sur le non-dit est un grand talent, mais les dialogues sont finement ciselés. Seul reproche stylistique peut-être pour un lecteur qui s’avise de lire les romans en rafale est la répétition d’historiques, de reconstitutions du passé, de présentations de personnages d’un tome à l’autre.

Là où j’ai décroché après quelques ouvrages de Silva c’est sur cette quête perpétuelle de vengeance des Israéliens contre les Palestiniens. Pour Gabriel Alon et son équipe, dans tous ses livres, on ne traque pas les présumés assassins ou terroristes palestiniens pour les traduire en justice, on les pourchasse pour les assassiner. Point barre. Il y a même cette ambigüité, pour ne pas dire contradiction, dans la présentation d’Alon par Silva sur son site, «Un homme qui sait apprécier tout ce qui est beau, Gabriel est aussi un ange de la vengeance qui n’arrêtera devant rien pour que justice soit faite.» Pour que justice soit faite? Associer ainsi vengeance et justice dans la même phrase… J’ai décroché.

Malgré tout, les livres de Silva font recette. Chaque titre nouvellement publié est assuré de figurer deux ou trois semaines au palmarès de vente des livres du New York Times, et son auteur est un conférencier recherché dans certains milieux. Curieusement, aucune des rumeurs ayant circulé depuis quelques années voulant qu’un ou plusieurs livres de la série Gabriel Alon soient portés à l’écran ne s’est confirmée.

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