The Beige Man d’Helene Tursten

The Beige ManThe Beige Man (non encore traduit en français), un septième épisode pour Irene Huss, personnage fétiche de l’auteure suédoise Helene Tursten publié en anglais en février de cette année. Par une soirée glaciale à Göteborg, deuxième ville en importance de Suède, un véhicule est volé devant les yeux ahuris de son propriétaire. Dans leur fuite à haute vitesse, poursuivis par les policiers, les brigands happent à mort un piéton, mais parviennent à échapper à leurs poursuivants. La voiture volée est en peu de temps retrouvée incendiée. Les chiens pisteurs ne peuvent trouver trace des voleurs en raison des odeurs de produits accélérateurs utilisés pour mettre feu à la voiture, mais mènent les maîtres-chiens vers une cave à légumes désaffectée où ils trouvent le cadavre d’une jeune fille. Et on en est qu’aux premières pages. C’est ce qu’on appelle un roman qui démarre sur les chapeaux de roue.

Le piéton happé par les fuyards s’avère dans les faits être un policier retraité depuis peu. Quand au cadavre de la jeune fille, presque nue, les médecins légistes estiment que la mort ne remonte qu’à quelques heures. Aucune trace des voleurs qui semblent s’être perdus dans la nature. Première question pour la brigade criminelle dont Irene Huss fait partie, y a-t-il un lien entre tous ces éléments?

Peu à peu, pour ce qui est de la très jeune victime découverte presque par hasard, les indices convergent sur une sale histoire de prostitution et d’esclavage sexuel. Selon les expertises médicales, si elle n’avait pas été étranglée, elle n’en avait plus pour longtemps à vivre tellement elle portait des signes de brutalité, sans parler de nombreuses pathologies. Des questions se posent aussi sur le policier retraité dont l’examen du corps, trop légèrement vêtu pour le froid mordant qui sévit, révèle des signes d’engelure. Il n’était pourtant qu’à quelques mètres de chez lui lors de l’accident. Et toujours rien sur les deux malfaiteurs.

L’enquête de Huss et de la brigade criminelle sera menée conjointement avec une escouade spécialisée en traite des personnes, un problème sérieux auquel la Suède doit faire face, semble-t-il. S’ajoutera aussi une dimension internationale quand l’enquêtrice sera invitée pour un court séjour sur l’île de Tenerife pour prêter main-forte à la police espagnole qui tente d’éclaircir une affaire pouvant avoir un lien avec les événements de Göteborg.

Tursten nous expose le fonctionnement de certaines filières de la dure réalité de la traite des personnes et de l’esclavage sexuel qui dégoûtent et révoltent profondément Huss. L’auteur nous relate même une discussion relativement âpre entre les collègues de la brigade criminelle alors qu’Irene Huss pose la question à savoir «mais quel genre d’homme peut bien tirer son plaisir de tels rapports?» On est un peu trop près de l’amalgame «tous les hommes sont les mêmes» au goût de ses collègues masculins.

Helene TurstenComme c’était le cas pour Un torse dans les rochers et Le diable de verre Helene Tursten (photo) ponctue le récit de l’enquête avec des tranches de vie de son héroïne. Jeune quarantaine, mère de jumelles, mariée à un chef cuisinier et restaurateur, l’inspectrice Irene Huss tente, parfois avec difficulté, l’éternelle conciliation travail/famille. Certains pourraient ne pas apprécier ces incursions dans le monde «normal» au sein d’une intrigue autrement menée avec vigueur. Bien qu’il s’inscrive dans une série ayant pour personnage principal Irene Huss, ce septième roman n’exige pas qu’on ait lu les précédents pour bien faire la connaissance du personnage et camper le contexte, tout se tient bien.

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