Vous connaissez le coir?

Voici le temps des préparatifs pour les jardins, les plates-bandes et les potagers. Avez-vous songé à bien amender vos substrats de culture?

On connaît bien en horticulture les vertus de la sphaigne, aussi appelée tourbe de mousse, mousse de tourbe, mousse de sphaigne, bref, ce bon vieux peat moss. On l’utilise pour fertiliser les terreaux, elle sert à augmenter la capacité d’aération et de rétention en eau des sols, et constitue aussi pour certains une solution au besoin de paillis.

Ce qu’on sait moins, c’est que la sphaigne est une ressource non renouvelable. En fait, elle se renouvelle, mais il lui faut environ un siècle pour atteindre une hauteur de 5 cm. L’extraction de la tourbe est donc très réglementée. À l’état humide, c’est une matière fort utile en culture, mais si elle se dessèche, la réhydratation prend un certain temps et beaucoup d’arrosage.

Or, il existe sur le marché une solution de rechange peu coûteuse, écologique, renouvelable et d’une grande efficacité, la fibre de noix de coco aussi appelée coir. Le coir peut servir à amender le sol et à le doter d’une matière qui absorbe rapidement l’eau et dégage au besoin le précieux liquide et les nutriments aux racines des plantes. On le trouve sous forme de blocs ou de briques de fibres séchées comprimées qu’il suffit de réhydrater pour utiliser.

coir2J’ai tenté l’expérience l’an dernier avec un bloc de coir d’environ 1 pied cube à l’état sec composé de quatre sous-blocs. En l’arrosant copieusement, le matériau s’est mis à gonfler immédiatement pour donner trois pieds cubes de substrat prêt à utiliser, très fin et léger, perméable, d’une consistance facile à travailler.

Les instructions du fournisseur suggèrent de mélanger le coir au substrat existant dans une proportion 1:3 (c’est-à-dire une partie de coir pour trois parties de terreau), mais je suis persuadé qu’on peut adapter la recette aux besoins, voire même utiliser le coir comme seul substrat. Cette année, je ferai l’expérience du paillis de coir.

À ce qu’on dit, le coir est de pH neutre ce dont il faudrait tenir compte pour les plants qui aiment bien un milieu un peu acide. Il ne dégage aucune odeur, ce qui pourrait le rendre intéressant pour les utilisations à l’intérieur ou sur le balcon (plantes en pots, semis, etc.).

 

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Réflexion sur les supports de lecture

Words OnscreenLe livre électronique, et plus généralement la dématérialisation de ce que nous écrivons et lisons, sont au centre de nombreux débats ces temps-ci. Voici de quoi alimenter le dialogue, le livre Words Onscreen: The Fate of Reading in a Digital World de Naomi Baron, professeure de linguistique et directrice générale du Center for Teaching, Research & Learning de l’American University de Washington, publié en décembre dernier sur support papier et électronique.

Novembre 2007, la société Amazon lance sur le marché américain la première version de sa liseuse Kindle, et étendra après deux ans son marché à une centaine de pays. Certains modèles de liseuses avaient déjà vu le jour, sans trop de succès, mais Amazon réussissait l’intégration verticale en proposant le contenant Kindle dont la technologie était supérieure, conjugué à des contenus facilement accessibles et à prix abordables grâce à la machine commerciale et promotionnelle d’Amazon.

Trois ans plus tard arrive l’iPad. Apple n’entendait pas remplacer ou concurrencer les liseuses, mais les utilisateurs ont vite commencé à télécharger et à lire sur tablette, élargissant ainsi le marché du livre électronique. Vient ensuite la déferlante des téléphones intelligents qui, pour bon nombre, en plus d’être des outils de communication et d’applications, sont des interfaces de lecture.

Au fil de ses recherches, Naomi Baron s’est étonnée de certaines distinctions entre les marchés dits « nationaux » du livre électronique qui seraient relativement diversifiés. Selon les résultats d’une étude de Bowker Market Research (2012), 20 % des personnes branchées à Internet aux États-Unis avaient, au cours des six derniers mois, acheté un livre électronique (8 % au Japon, 5 % en France). On serait loin, selon Bowker, d’un marché homogène. Par exemple, les ouvrages de fiction seraient les meilleurs vendeurs aux États-Unis, au Royaume-Uni, en France et en Allemagne. En revanche, pour ce qui est de l’Inde, du Brésil et de la Corée du Sud, les propriétaires de liseuses en tous genres optent surtout pour des ouvrages sur le commerce, les affaires ou les secteurs professionnels.

Baron aborde une question rarement évoquée par les meneurs de claque du livre électronique, soit celle du bilan environnemental de la fabrication des liseuses. Elle cite à cet égard un article du New York Times, « < How Green Is My iPad? » paru en 2010.

Ceux et celles qui en prêchent les vertus feront valoir que la lecture sur support électronique est plus respectueuse de l’environnement, car elle épargne nos forêts. Bien qu’il y ait faille dans son argumentaire (j’y reviendrai), les données sont cependant bonnes à connaître.

La production d’une liseuse nécessite 16,5 kilos de minéraux comparativement à 0,3 kilo pour l’impression d’un livre. Parmi ces minéraux on compte des métaux rares comme le colombo-tantalite, souvent extrait dans des pays du continent africain et dont les profits d’exploitation viennent gonfler les coffres de factions guerrières. Sur le plan énergétique, la fabrication d’une liseuse entraînera la consommation de 100 kilowattheures d’énergie fossile et la production d’une trentaine de kilos de CO2. Dans le cas d’un livre papier, on parle de 2 kilowattheures et de 100 fois moins de gaz à effet de serre. Le recyclage des liseuses pour récupérer les métaux précieux se fait souvent dans des pays aux économies précaires et par des enfants qui s’exposent aux toxines des solvants. L’impact environnemental d’un livre papier destiné à un site d’enfouissement (la pire des solutions) sera environ le double de celui de sa fabrication.

Ce qui m’a un peu agacé de cet exposé sur le cycle de vie des liseuses (qui s’étend sur quelques pages du livre de Baron) est que l’on tente de comparer le poids environnemental d’une liseuse à celui d’un livre papier. C’est hors de proportion. Serait-ce dire que, par exemple, que si je lis 50 livres sur ma liseuse j’aurai atteint un point de rédemption environnemental? Et encore faudrait-il introduire dans nos calculs l’infrastructure de serveurs sur laquelle repose la mise en marché des livres électroniques et tant d’autres choses. Déjà, toutes applications confondues, et à l’échelle de la planète, la consommation en électricité des centres de stockage de données atteint 30 milliards de watts, soit environ la production d’une trentaine de centrales nucléaires. Les serveurs de Google consomment près de 300 millions de watts, ceux de Facebook environ 60 millions de watts (voir l’article de James Glanz dans le New York Times, 23 septembre 2012).

L’auteur constate aussi que la lecture, d’une expérience à la base solitaire est devenue une expérience sociale et de partage grâce à Internet, et se penche sur les raisons pour lesquelles la lecture de livres électroniques a suscité un fort engouement aux États-Unis et en Grande-Bretagne, mais attire moins les clientèles françaises ou japonaises.

Words Onscreen: The Fate of Reading in a Digital World est très riche en observations et en analyses comparatives dans le domaine jusqu’à présent peu exploré de l’effet et des incidences autres qu’économiques du livre électronique. Malheureusement, l’auteure ne fait aucune mention de deux éléments qu’il me semble essentiel de traiter dès que l’on aborde le sujet, soit la gestion des droits numériques (Digital Rights Management, DRM) et l’interopérabilité entre les plateformes d’édition diffusion.

J’achète un livre papier, j’en deviens le propriétaire et je peux en disposer à ma guise. Je peux bien sûr le lire, l’offrir en cadeau, lui réserver une place sur une de mes étagères, le revendre ou l’échanger en bouquinerie, etc. Or, avec le livre électronique, je suis davantage locataire de l’œuvre car la structure des DRM me prive du plaisir de partager ou d’offrir le livre.

Quant à l’interopérabilité, ou à son absence, c’est là une des plus grandes failles de tout le système d’édition numérique. On dirait que l’industrie n’a rien appris des querelles de chapelle Mac/PC, ou pour ceux de ma génération VHS/Betamax.

Naomi Baron, ancienne boursière Guggenheim et Fulbright, est aussi l’auteure de Always On: Language in an Online and Mobile World (2010). Dans cet essai, Baron y soumet que notre culture de l’écrit, vieille de trois siècles, est en train de se redéfinir. Elle se dit aussi préoccupée par les nombreuses astuces auxquelles nous avons recours pour filtrer des textos, pour nous dissimuler dans les méandres de Facebook, pour activer l’identification des appelants et bloquer certains correspondants sur nos téléphones fixes ou mobiles. Elle soutient que cette capacité de déterminer à qui nous parlerons (ou déciderons de ne pas parler) est l’incidence la plus lourde des technologies de l’information sur la façon dont nous communiquons.

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Sécession de la Californie?

yescaliLes partisans d’un amendement constitutionnel visant la sécession de la Californie du reste des États-Unis viennent de recevoir du secrétaire d’État californien la permission de recueillir des signatures pour que la question soit proposée lors du scrutin de 2018 qui se tiendra dans cet État. Le mouvement indépendantiste californien, surnommé Calexit, a donc jusqu’au 25 juillet pour recueillir les 585 407 signatures d’électeurs inscrits nécessaires pour que la question figure sur les bulletins de vote en novembre 2018. Bien que la question de la sécession de la Californie ait déjà fait l’objet de débats, le mouvement Calexit qui prend maintenant forme a vu le jour dans la foulée de l’élection de Donald Trump à la présidence. Un récent sondage Reuters/Ipsos révélait que près d’un électeur californien sur trois appuyait l’idée de l’indépendance de la Californie.

S’il obtient l’appui des électeurs, le processus s’amorcerait par un amendement de la constitution de l’État en vertu de laquelle la Californie est une partie indissociable des États-Unis et la constitution étasunienne la loi suprême de l’État. Si elle est approuvée, la proposition prévoit la tenue d’un référendum en mars 2019 pour demander aux électeurs s’ils veulent que la Californie devienne un pays indépendant.

Mais même si la proposition est acceptée par l’électorat californien, rien ne serait pour autant gagné. La sécession exigerait un amendement de la constitution des États-Unis nécessitant l’appui des deux tiers du Congrès et des trois quarts des autres États.

La Californie, c’est près de 40 millions d’habitants et le premier État américain sur le plan du produit intérieur brut (PIB) qui surpasse d’ailleurs, soulignons-le, celui de la Russie. C’est aussi le siège d’universités de prestige, d’importants pôles technologiques et centres de recherche. Advenant la sécession, mine de rien, la Californie deviendrait la sixième économie mondiale.

Selon les partisans de la sécession, les États-Unis d’Amérique représentent trop d’éléments qui heurtent les valeurs de base californiennes, et le maintien du statut d’État fera en sorte que la Californie continuera de subventionner les autres États « à notre propre détriment et à celui de nos enfants. »  La Californie mérite mieux, selon eux.

L’argumentaire des sécessionnistes (voir le site Web) s’articule autour de neuf thèmes, soit : la paix et la sécurité; le processus électoral et la gouvernance; les échanges commerciaux et la réglementation; la dette et les impôts; l’immigration; les ressources naturelles; l’environnement; la santé et les soins médicaux; l’éducation.

Reste à voir l’accueil que réserveront la Maison-Blanche et les autres États aux velléités d’indépendance de la Californie. Déjà, dans les États du Washington et de l’Oregon, certains groupes songent à entreprendre une démarche semblable au Calexit. Et peut-on croire que l’administration Trump sera réceptive à l’idée?

 

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D’un discours à l’autre

lettre_nixonOn a beaucoup parlé du discours de Barack Obama cette semaine. Certainement un discours puissant sur le fond livré par un orateur hors pair. Le 9 août 1974, Richard Milhous Nixon  présentait sa démission comme président des États-Unis dans les circonstances qu’on connaît. Nixon n’avait jamais été un orateur doué, mais il avait ses moments. Par exemple, il a terminé son discours d’au revoir au personnel de la Maison-Blanche par ces mots :

 

Always give your best, never get discouraged,

never be petty; always remember, others may hate you,

but those who hate you don’t win unless you hate them,

and then you destroy yourself.

 

Cette phrase m’est toujours restée.

 

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L’implicitation

Belle réflexion du traducteur et langagier Étienne McKenven dans un billet publié dans Circuit, le magazine d’information de l’Ordre des traducteurs, terminologues et interprètes agréés du Québec sous le titre Des implicitations manquées. D’entrée de jeu, précisons que l’implicitation ne vise pas seulement les professionnels de la traduction, mais est une technique que tout un chacun peut s’approprier pour améliorer la langue parlée.

McKenven nous la décrit ainsi. « L’implicitation est l’élimination des éléments de la langue de départ qui sont superflus dans la langue d’arrivée. Bien qu’elle constitue un procédé de base de la traduction, il y a lieu de se demander si elle est utilisée autant qu’elle le devrait. »

En effet, les exemples sont nombreux de ces lourdes redondances. De poursuivre McKenven, « Ainsi, cet extrait du mode d’emploi d’une marque d’aspirateur populaire : Débranchez l’aspirateur de la prise électrique, (sur)traduction de Unplug the vacuum from the electrical outlet. Dans cet énoncé, le segment « … de la prise électrique » n’apporte pas un iota d’information. Il aurait fallu l’impliciter pour ne garder que Débranchez l’aspirateur. La consigne aurait été aussi claire tout en étant bien plus idiomatique et, là encore, plus succincte que l’anglais. »

Les exemples sont nombreux, on en a tous et toutes lu et entendu.

Cependant, s’il faut se méfier de la (sur)traduction, force est d’admettre qu’elle est souvent engendrée par une (sur)rédaction, ce qui ne l’excuse pas pour autant. Exemple classique de communications internes : « The report will then be sent to the printing shop to be printed… » (Le rapport sera alors acheminé à l’atelier d’impression où il sera imprimé…).  Évidemment qu’il y sera imprimé. Pour quelle autre raison serait-il acheminé à l’atelier?

Implicitons.

Mise à jour, 3 février : À lire aussi, Aidez la profession : implicitez!

 

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